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Mercredi 23 mai 2018

Quoi qu'on en dise


Le projet de loi Alimentation est en discussion depuis le 22 mai à l'Assemblée nationale. Le texte sera débattu tous les jours, week-end compris, par les députés jusqu'au vote prévu le 30 mai, avant de rejoindre le Sénat fin juin. Il doit être voté définitivement au plus tard en septembre et être effectif pour les négociations commerciales 2018/2019.

De vrais débats marathons qui promettent quelques discussions houleuses, à moins que la partie ne soit perdue d'avance...

Si le gouvernement, par la voix de son ministre de l'Agriculture, appelle à "un changement clair de paradigme attendu par le consommateur et le monde agricole", d'autres sont plus sceptiques.

L'intitulé de cette nouvelle loi visant à instaurer "l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable" est certes très clair. Et le texte prévoit une "construction du prix à partir de l'amont", c'est-à-dire des agriculteurs et non pas des distributeurs et "ne consiste pas en de simples ajustements techniques", a encore insisté Stéphane Travert dans l'hémicycle mardi dernier.

Reste à espérer que celle loi ne soit pas vidée de sa substance au final et qu'elle encadre véritablement certaines pratiques délétères et néfastes pour le développement de notre alimentation. Parce que pendant ce temps, les enseignes de la grande distribution poursuivent tranquillement leur stratégie de rapprochement. Un phénomène de concentration qui, contractualisation ou pas, risque de compliquer les négociations commerciales pour certains, quoi qu'on en dise.  

 

Perrine Delfortrie  



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