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Mercredi 18 juillet 2018 | bourse

Reprise des valeurs de l’agroalimentaire européen au deuxième trimestre 2018


Après un début d’année morose, les valeurs européennes de l’agroalimentaire ont repris le chemin de la hausse sur les trois derniers mois, à l’image du reste des marchés. Sur dix ans, les valeurs européennes du secteur font mieux que le reste du marché UE (+2,6 %), mais sous-performent les 54 principales valeurs américaines de l’agroalimentaire cotées aux États-Unis.


En baisse sur les trois premiers mois de l’année, les valeurs agroalimentaires européennes ont retrouvé des couleurs au deuxième trimestre. L’indice IAA 80 créé par Unigrains, regroupant les 80 valeurs cotées du secteur en Europe de l’Ouest, a ainsi gagné 3,7 % de avril à juin (-4,9 % de janvier à mars), dans un contexte de reprise générale des marchés, l’indice européen gagnant de son côté 2,1 %. Toutefois, sur un an, "le bilan de l’IAA 80 reste négatif (-2,7 %), tout comme celui du MSCI (-1,9 %)", note Unigrains. En revanche, à plus long terme, c’est-à-dire sur dix ans, la performance des valeurs de l’agroalimentaire ne se dément pas, avec un gain de 8,6 % de l’indice Unigrains, quand la progression n’est que de 2,6 % pour le marché européen.

Sur ce deuxième trimestre, la reprise a profité à l’ensemble des valeurs quelle que soit leur taille. Le Big 29 (regroupant les 29 capitalisations comprises entre 1 et 10 Mrd€) affiche la meilleure performance avec un gain de 5,9 % "grâce à Greencore (+40,7 %), Nomad Foods (+28,9 %) et Royal Unibrew (+26 %)", soulignent les experts d’Unigrains. Le Lead 11 (les 11 capitalisations supérieures à 10 Mrd€) et le Small 12 (les 12 capitalisations inférieures à 2 M€) gagnent respectivement 3,5 % et 3,1 %, alors que le Mid 28 (les 28 capitalisations comprises entre 0,2 et 1 Mrd€) est à la traîne avec une hausse limitée à 1,3 %, affecté par la contre-performance de Greenyard Food. Le titre du groupe belge a ainsi abandonné 30,3 % sur le trimestre après les problèmes rencontrés par sa filiale hongroise, dont la production de légumes surgelés a été stoppée pour cause de contamination à la listéria. Une enquête est en cours pour déterminer si ces produits pourraient être la cause de plusieurs décès.

Par zone géographique, sur les trois derniers mois, le FR 14 cède un peu de terrain (-0,2 %), au-dessous du CAC 40 qui gagne 2,4 %. Des dégagements bénéficiaires sur Savencia (-13,7 %) et Bonduelle (-10,5 %) ont pesé sur les performances des 14 valeurs françaises du secteur agroalimentaire. À noter que Savencia et Bonduelle qui cèdent un peu de terrain depuis le début de l’année, affichaient à la clôture du 17 juillet, des hausses de respectivement 59,5 % et 117 % sur 10 ans. "Sur les dix dernières années, le FR14 affiche un taux de croissance moyen de 6,7 % par an", bien au-dessus des performances du CAC 40, soulignent d’ailleurs les experts d’Unigrains. Et toujours sur 10 ans, l’IAA 80 sous-performe par rapport à l’US 54 (un indice constitué par Unigrains des 54 valeurs cotées de l’agroalimentaire aux États-Unis), qui gagne en moyenne 10 % par an sur 10 ans. L’indice américain "souffre moins de la crise financière de 2008 et son cours en euro est boosté par l’appréciation du dollar débutée en 2014", explique Unigrains. Même tendance sur le dernier trimestre, où les valeurs américaines du secteur ont fait mieux que les européennes, avec un gain de 6,4 % (+3,7 % pour l’IAA 80).

En toute logique, les valorisations en termes d’Ebitda * se sont légèrement appréciées sur ces trois derniers mois. L’IAA 80 termine le trimestre en légère hausse à 14,1x l’Ebitda, "tandis que la valorisation moyenne des indices vedettes Euronext 100, FTSE 100 et SMI plafonne à 10,5x l’Ebitda". Enfin, la valorisation des quatorze valeurs françaises se stabilise à 13,8x l’Ebitda, contre 7,6x pour le CAC 40.

= VE/EBITDA

 

VE (valeur d’entreprise) = capitalisation boursière + dette financière nette + intérêts minoritaires

Perrine Delfortrie



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