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Mercredi 02 mai 2018

Restaurer l'équilibre


Danone va distribuer une action à chacun de ses 100 000 salariés dans le monde pour les associer aux décisions de l'entreprise. Ce nouveau projet de gouvernance a été annoncé par Emmanuel Faber, le patron récemment nommé du groupe, lors de l'assemblée annuelle (AG) fin avril. Un projet largement salué par Franck Riboud, en digne fils de son père. Évoquant d'ailleurs sa "fidélité à mon père, Antoine Riboud", ce dernier confie vouloir " changer le capitalisme". On se souvient qu'en 1972, son père, alors patron de BSN, qui deviendra plus tard Danone, s'était illustré lors des Assises du CNPF, l'ancêtre du Medef, en présentant son double projet économique et social, associant à la fois les salariés et les actionnaires.

De "beaux discours", ne manquent pas de relever certains observateurs qui n'ont certes pas empêché la casse sociale chez Danone. Le conflit avec les Lu, du nom de l'emblématique groupe de biscuits, après l'annonce en 2000 des restructurations de la branche biscuit de Danone, avait fait grincer quelques dents. Mais l'impact social n'est-il pas malheureusement inévitable dans la vie d'une entreprise ?

L'important déjà, est de se poser les bonnes questions sur la manière de réconcilier actionnaires et salariés. " L'opposition entre le social et l'économique a mis le monde à l'envers", commentait ainsi Emmanuel Faber sur Europe 1 au lendemain de l'AG. En donnant une action et une voix à ses salariés, ce dernier veut leur donner un rôle et des responsabilités qui vont au-delà des schémas classiques de l'entreprise. Une (re)évolution qui permet aussi de contrebalancer le trop grand pouvoir de la finance, une finance qui plutôt que d'aider les développements économiques créateurs de valeur sur le long terme, se concentre bien souvent sur une vision court-termiste du profit rapide. Chacun a son importance, mais tout est une question d'équilibre.

Perrine Delfortrie



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