Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 12 septembre 2018 | consommation

Sécurité alimentaire : Foodwatch dénonce les lacunes de la politique menée par Jean-Claude Juncker


L’Association européenne de défense des consommateurs Foodwatch est venue protester, ce 11 septembre à Bruxelles, sous les fenêtres du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qu’elle accuse d’avoir « échoué massivement en matière de santé et de protection des citoyens » en raison des nombreux scandales qui ont secoué l’UE depuis ces dernières années. L’ONG estime que, si la législation alimentaire générale de l’UE n’est pas réformée en profondeur, « le prochain scandale alimentaire ne saurait tarder à éclater ».


Les activistes de Foodwatch ont manifesté devant l’entrée de la Commission européenne et procédé à la remise d’une lettre ouverte à la Commission. Grimé en Jean-Claude Juncker, un manifestant s’est pourléché les babines devant une table garnie d’aliments mis en cause lors des derniers scandales alimentaires (lasagnes à la viande de cheval, œufs au fipronil et lait pour bébé Lactalis contaminé par des salmonelles).

Dans leurs revendications, les manifestants ont notamment fait la liste des lacunes de la législation alimentaire de l’UE et ont fait une série de propositions d’amélioration concrètes. Ils réclament, entre autres, la garantie de la traçabilité des produits alimentaires, notamment en imposant aux entreprises du secteur alimentaire des contrôles spécifiques et systématiques. Ils soulignent l’inefficacité du système d’alerte européen: « la législation alimentaire européenne doit formuler des dispositions strictes obligeant les autorités à informer les consommateurs instantanément et de façon détaillée en cas d’éventuels risques sanitaires, mais aussi de fraude alimentaire ». Dans ces cas, soulignent-ils, « les autorités devraient divulguer les noms des fabricants et des produits en cause ».

Foodwatch réclame par ailleurs pour les associations de consommateurs « le droit de traduire en justice les autorités qui ignoreraient leurs obligations telles qu’elles sont définies par la législation européenne. C’est le seul moyen de donner aux ONG les leviers nécessaires pour réellement défendre les droits du consommateur ».

De leur côté, les entreprises, y compris les distributeurs, doivent être tenues de tester les produits qu’ils vendent et d’en contrôler la qualité et la sécurité. Cette obligation permettrait aussi « de mettre en cause la responsabilité de tous les acteurs et les obliger à rendre des comptes ». La lettre ouverte de Foodwatch déplore également le fait que le règlement 178/2002 ne prévoit ni ne permet aux organisations de défense des consommateurs de mener des recours collectifs contre les autorités publiques. Elle fait également observer que la difficulté des affaires où des consommateurs attaquent les producteurs en justice réside principalement dans la problématique de la charge de la preuve et du risque financier. Le recours collectif des consommateurs n’est pas encore inscrit dans le règlement 178/2002. Celui-ci devrait donc être amendé de façon à permettre les actions de groupe et octroyer les droits aux associations de défense des consommateurs de poursuivre en justice les entreprises qui n’ont pas respecté les exigences légales.

e l’UE (règlement 178/2002), a été adoptée en 2001 à la suite de la crise de l'ESB (maladie de la vache folle). Bruxelles prépare actuellement une révision de cet arsenal juridique dans le cadre du processus “REFIT” (Programme pour une réglementation affûtée et performante).

 

Aziz Ben Marzouq



Téléchargements