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Mercredi 15 mai 2019

Saint-Louis Sucre : Bercy « convaincu » par le plan de reprise selon les syndicats


Des salariés et planteurs de betterave des deux sucreries menacées de fermeture par Saint-Louis Sucre manifestaient devant l’ambassade d’Allemagne le 7 mai. Les planteurs ont présenté leur plan de reprise des deux sites au ministère de l’Économie. Ils doivent le proposer à Südzucker (maison mère de Saint-Louis Sucre) le 15 mai.


Le plan de reprise par les planteurs de betteraves de la CGB (FNSEA) des sucreries de Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme), menacées de fermeture par Saint-Louis Sucre, a été présenté aux services du ministère de l’Économie, a indiqué Franck Sander, président de la CGB, le 7 Mai. « Bercy est convaincu par notre dossier », a-t-il ajouté, précisant que celui-ci va « passer au ministre de l’Economie » Bruno le Maire. Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait déjà indiqué « la volonté du gouvernement d’accompagner les parties prenantes dans leur projet de reprise » après s’être rendu à Cagny le 27 mars. Elle faisait suite à l’annonce par Saint-Louis Sucre (filiale de l’allemand Südzucker) le 14 février dernier de sa volonté de fermer de deux de ses quatre sucreries en France en 2020.

« Une étape symbolique »

La CGB a manifesté le 7 mai devant l’ambassade d’Allemagne à Paris aux côtés de syndicats de salariés (FO-FGTA, CFE-CGC…). « Une étape symbolique » à la veille des élections européennes, destinée à « interpeller l’État Allemand et Südzucker », à qui le plan de reprise doit être présenté le 15 mai à Strasbourg, a rappelé Franck Sander. « On ne peut pas à 20 jours des élections européennes être dans un bras de fer pareil avec notre allié, il faut que les Allemands entendent raison sur ce dossier », a estimé Laurence Dumont, député socialiste du Calvados, alors que plusieurs élus des territoires concernés étaient présents dans la manifestation.

« Le but de la réunion du 15 mai, c’est de passer des discussions à la négociation », a insisté Patrick Dechaufour, président de la CGB du Calvados. « Nous demandons à l’ambassadeur de faire pression sur Südzucker pour se mettre en négociation », alors que le groupe allemand s’est jusqu’à maintenant montré opposé au processus de reprise ne « croyant plus à la production de sucre en France », selon la CGB.

Le plan de reprise sera assuré « par la capitalisation des planteurs » et sera « viable et rentable dans le temps », a précisé Patrick Dechaufour pour qui « la perspective des marchés du sucre de la CGB n’est pas la même qu’à Südzucker ».

« Rassemblement d’intérêt »

« Nous avons un rassemblement d’intérêt, on a énormément travaillé avec eux [Ndlr : les planteurs de betterave] sur le projet de plan de reprise », a précisé Loïc Touzet, délégué central FO à Saint-Louis-Sucre. 155 emplois salariés sont menacés sur les deux sites de production de Cagny et Eppeville et 53 sur la raffinerie de Marseille dont Saint-Louis Sucre prévoit également la fermeture. « Il faut faire pression sur l’État allemand pour qu’il nous soutienne et qu’il fasse comprendre à Südzucker que leurs pratiques sont intolérables », ajoute-t-il.

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Saint-Louis Sucre : la CR ne partage pas la stratégie de la CGB

Dans un communiqué le 7 mai, la Coordination rurale a, de son côté, estimé que la manifestation « ne participe pas réellement à la défense des producteurs », jugeant qu’un projet de reprise « devrait au préalable s’inscrire dans une politique betteravière qui permette de rémunérer équitablement les producteurs » notamment par le biais d’un « retour d’une politique de régulation » au niveau européen.

RO (Agra Presse)



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