Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 03 juillet 2019

Schizophrénie


Le traité commercial UE/Mercosur signé le 28 juin à Bruxelles inquiète. Si certaines filières voient tous les bénéfices qu'elles pourront tirer de cet accord, c'est en revanche l'incompréhension qui domine chez les éleveurs de bovins et de volaille essentiellement. Difficile de leur donner tort.

Alors qu'on demande à la filière avicole française de tout faire pour contrebattre les importations de poulets sur le territoire, c'est un nouveau contingent de volailles bon marché qui va déferler sur le marché. Alors que les éleveurs font des efforts pour réduire les antibiotiques, améliorer le bien-être animal... l'Europe va ouvrir ses frontières à de la viande aux standards sanitaires bien éloignés de ceux garantis sur le Vieux Continent. Non seulement les filières volaille et viande bovine risquent de souffrir d'une sérieuse distorsion concurrentielle, mais quid des consommateurs ? Des consommateurs de plus en plus soucieux de ce qu'ils consomment et en quête de réassurance.

Certes, l'accord n'est pas ratifié et le gouvernement se veut rassurant. Mais comment peut-on défendre le bien-fondé de cet accord devant les agriculteurs, les industriels et les consommateurs, sans être soupçonné de schizophrénie ? Sans faire montre d'un protectionnisme à tout crin, cet accord, en l'état, ouvre de sérieuses interrogations sur ce que nous serions susceptibles de manger demain. C'est non seulement un retour en arrière en termes de qualité, mais c'est aussi un camouflet pour tous les acteurs de l'agriculture et de l'alimentation de notre pays. 

 

Perrine Delfortrie



Téléchargements