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Mercredi 17 juin 2020

Schizophrénie


« Lactalis va baisser le prix du lait payé aux éleveurs » : le titre de l’article paru dans Le Monde la semaine dernière n’est pas passé inaperçu. D’autant que la décision était vertement critiquée sur les réseaux sociaux, notamment par le réalisateur Guillaume Canet, qui a également relayé le communiqué de soutien aux producteurs de la coopérative “C’est qui le patron ?” interpellant le numéro un mondial des produits laitiers sur sa politique de rémunération. Lactalis a beau se défendre de toute entourloupe sur les prix, en rappelant que tout se fait dans le cadre des contrats cadres passés avec les organisations de producteurs, cela ne passe pas.

Difficile en effet d’admettre que les producteurs de lait soient les premiers sacrifiés dans la chaîne de valeur du groupe. Certes, la crise est bel et bien là et les prochains mois seront très compliqués. Mais cette crise doit, justement, être traversée ensemble. Comme le dit très bien la Confédération paysanne, ces pratiques injustes et inacceptables prouvent « une fois de plus, que les paysan.ne.s sont la variable d'ajustement d'un système qui les précarise et les détruit ». Et le syndicat de mettre alors l’accent sur « l’inopérance de la loi Egalim ! ».

On ne peut pas saluer le travail des agriculteurs pendant la crise du Covid-19 et, une fois que les choses doivent repartir, délibérément compter sans eux, à moins d’être totalement schizophrène. Au plus fort du confinement, tout le monde parlait de changer les choses. C’est maintenant qu’il faut s’y mettre !

 

Perrine Delfortrie



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