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Mercredi 10 janvier 2018

Se poser les bonnes questions


Après l’affaire de la contamination aux salmonelles dans une usine Lactalis, affaire qui soulève d’ailleurs de nouvelles interrogations depuis décembre dernier, et notamment si la bactérie incriminée pouvait être présente depuis 2005 – dixit l’Institut Pasteur –, il y a maintenant l’affaire Leclerc. Michel-Edouard Leclerc, patron du distributeur éponyme, a en effet reconnu mardi 9 janvier des défaillances. Ainsi 984 boîtes de lait susceptibles d’être contaminées n’ont pas été retirées comme prévu de la vente dans certains de magasins de l’enseigne et donc vendues et même probablement consommées par les nourrissons de ses clients.

Un simple mea culpa ne sera pas suffisant. Autant de dysfonctionnements internes ne sont pas admissibles. Mais rien ne servira de faire porter la faute sur une seule personne. Ces dysfonctionnements englobent toute une chaîne de responsabilités. Même chose chez Lactalis et même chose sans doute aussi au sein de l’inspection vétérinaire, qui selon des révélations du Canard Enchaîné aurait failli dans ses missions de contrôle.

Toujours est-il qu’une fois la lumière faite sur ces affaires, il va falloir se poser les bonnes questions afin de faire en sorte que ce type d’incidents ne se reproduise pas. S’interroger notamment sur une insuffisance des moyens humains, à tous les niveaux. Et d’ailleurs Michel Edouard Leclerc ne le reconnaît-il pas lui-même en affirmant qu' "il faut remettre plus d’humanité dans un système qui s’est trop automatisé" ?

Chacun sait que la course à la rentabilité, qui oblige de réduire toujours plus les coûts, n’est nullement le monopole de Leclerc, mais commun à une majorité d’entreprises et pas uniquement dans l’agroalimentaire. Mais faire reposer tous les efforts sur les réductions d'effectif montre peut-être ici ses limites. La prochaine erreur humaine pourrait être beaucoup plus dramatique.

Perrine Delfortrie