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Mercredi 18 octobre 2017

Taxe soda, le retour


Et revoilà la taxe soda. Initiée en 2012 en France, la taxe soda revient sur le devant de la scène cet automne à la faveur de la nouvelle majorité parlementaire. Les députés ont en effet voté le 18 octobre pour une « modulation » de la taxe soda actuelle. Ainsi, les boissons avec moins de 5 grammes de sucre pour 100 ml ne seraient plus assujetties, celles avec plus de 5 g restent taxées au même niveau, mais la taxe s’envole ensuite à mesure que grimpe le taux de sucre.

La France n’est pas isolée dans cette démarche. Elle ne fait que suivre les orientations préconisées par l’OMS, et les différentes législations mises en place ailleurs. La Grande-Bretagne prévoit d’introduire sa taxe soda à partir de 2018, dans un pays parmi les plus touchés au monde par l’obésité. Les États-Unis s’y mettent aussi avec Philadelphie et d’autres villes qui ont décidé d’une taxe locale l’année dernière.

La mesure bénéficie en France d’un soutien politique, et n’a pas vraiment fait l’objet d’un affrontement à l’Assemblée nationale. Toutefois, la ministre de la Santé Agnès Buzyn n’est pas en pointe sur la question, préférant mettre l’accent sur l’éducation à la santé. La modulation ira-t-elle jusqu’à entrer en vigueur ? Les sénateurs doivent encore s’exprimer. Et les lobbys sont aussi de la partie : le Cedus juge inefficace la taxe et dénonce « l’éducation par la peur ». Le Syndicat des boissons rafraîchissantes s’indignait déjà en juin 2016 lors de la dernière tentative gouvernementale de taxer davantage. Les industriels, de leur côté, n’ont pas attendu l’alourdissement de la fiscalité : ils multiplient les lancements de nouvelles boissons peu sucrées, échappant aux taxes, et répondant surtout à un public dont les attentes ont changé.

Cyril Bonnel