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Jeudi 02 février 2012 | coopérative/résultats

Tereos ambitionne de réaliser 50% de son chiffre d’affaires hors Europe


Avec des chiffres flatteurs, Tereos fait part de résultats qualifiés de « satisfaisants » : CA en hausse, résultat net de 237 millions. Le groupe coopératif se déploie toujours plus à l’international.


Actuellement nous réalisons 30% de notre chiffre d’affaires dans les pays émergents, mais à terme, il n’est pas irréaliste de penser que les marchés hors Europe pèseront pour 50% ». Telle est l’ambition affichée par Philippe Duval, président du directoire de la coopérative nordiste, présentant les résultats du groupe devant la presse. Ceux-ci sont plutôt flatteurs, avec un chiffre d’affaires en progression de 25% à 4,4 milliards d’ euros pour l’exercice allant au 30 juin 2011, un EBITDA à l’unisson en progression de 26% à 752 millions pour un résultat net de 237 millions qui s’entend après un complément de prix de 66 millions versés aux coopérateurs. Un résultat qui profite largement à ces derniers qui auront perçu au total, si l’on inclut les suppléments de prix et les dividendes, quelque 99 millions contre 78 l’an dernier.

Des marchés mondiaux porteurs pour le sucre
Le groupe est fier de son exercice qui l’a vu conforter sa place de premier producteur de sucre en France et en République tchèque, et troisième au Brésil, où il est également le premier raffineur. En Europe, le groupe a profité d’une excellente campagne betteravière avec des rendements et une production records. Les prix de vente ont également connu une forte progression, en raison de la hausse de la consommation mondiale et une baisse de la production brésilienne. Le chiffre d’affaires pour les betteraves (France et République tchèque) a progressé de 10% à 1 659 millions, grâce à un effet prix plus que volume. Malgré la baisse des rendements de la canne dans la région du Nordeste du Brésil, Tereos a néanmoins poursuivi, avec le soutien de la Banque nationale du développement (BNDES), sa politique d’investissement pour améliorer sa productivité industrielle et développer la cogénération. Tereos Guarani compte replanter 50 000 hectares de canne en 2012 et s’appuyer sur l’expertise agricole acquise à La Réunion pour installer des variétés plus performantes. Il compte également s’appuyer sur ses partenaires locaux que sont le géant pétrolier Petrobras pour développer la cogénération. Il a en outre maintenu sa production sucrière sur l’île de la Réunion, ne cédant que les actifs non stratégiques du groupe Quartier Français qu’il a acquis au cours de l’exercice. Les activités internationales dans le sucre ont également vu une augmentation de la production au Mozambique (Tereos Sena) et en Tanzanie en partenariat avec le groupe mauricien CIEL. Au total, la division sucre et alcool de canne au Brésil (Guarani) et dans l’Océan Indien (Quartier Français intégré dans les comptes) a littéralement explosé de 50% à 1 180 millions d’euros.

Offensive dans l’amidon au Brésil et en Chine
L’activité céréales, avec les amidons de Syral et l’alcool d’éthanol de BENP/DVO, a progressé de 25% à 1 541 millions. Pour l’avenir, le groupe parie sur la poursuite de son développement au Brésil et la conquête de nouveaux marchés en Chine. Au Brésil, le groupe a fait son entrée sur le marché de l’amidon en prenant une participation de 98% dans Halotek, spécialiste de la transformation du manioc. Pour lui, le marché des amylacés dans ce pays devrait connaître une croissance de 10% par an. L’autre marché cible pour Tereos est la Chine, qui voit le marché de l’amidon augmenter de plus de 10% par an. Pour l’aborder, la coopérative française a conclu un accord de partenariat avec le groupe côté à la Bourse de Singapour, Wilmar. Il est premier transformateur de produits agricoles en Asie, leader des huiles alimentaires et de la farine de blé (35% du marché pour ces deux produits) en Chine et leader du sucre en Australie. Une joint venture réunit Tereos Internacional à 49% et Wilmar pour 51%. Les deux groupes se connaissent bien, Wilmar ayant une participation minoritaire dans Guarani depuis fort longtemps et depuis 2010, également dans Tereos Internacional. Une première usine devrait démarrer en début 2013, pour la production d’amidon à base de blé au nord de Hong Kong, capable de traiter 500 000 tonnes. Une seconde de même capacité sera ensuite implantée.

Une stratégie de diversification
En 2011, la Commission européenne a donné son approbation à l’utilisation d’extraits de stévia dans les aliments et les boissons, permettant ainsi à TereosPureCircle, la société commune créée avec PureCircle, de commercialiser dans sept pays européens cet édulcorant d’origine naturelle auprès des clients industriels. StéviaSucres commercialisera ses produits en France, Belgique, République tchèque, Italie, Espagne et Portugal. Par ailleurs, le démarrage de l’unité d’extraction de la bétaïne par valorisation de la vinasse en partenariat avec DuPont Danisco est imminent. La bétaïne possède de nombreux débouchés dans l’alimentation animale ou les cosmétiques. Enfin, en décembre 2011, Tereos Syral a fait l’acquisition en France de la Féculerie d’Haussimont, spécialiste de la pomme de terre féculière. Cette acquisition permet à Tereos Syral de compléter encore son portefeuille de matières premières (maïs, blé, manioc, pomme de terre) transformées en produits amylacés au sein de ses usines.
PB