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Mercredi 17 janvier 2018

Transparence


Faire émerger la vérité est un long chemin parsemé d’embûches. On en a l’exemple éclatant avec ce qu’il faut appeler désormais l’affaire Lactalis. Depuis longtemps, l’entreprise met en avant le droit à la discrétion, certes tout à fait légitime concernant ses dirigeants. Beaucoup moins en ce qui concerne ses comptes. En dépit d’une obligation, ces derniers restent totalement secrets. L’enquête de Cash Investigation diffusée sur France 2 le 16 janvier l’a montré une fois de plus de façon éclatante.

Face à des dirigeants peu enclins à lever ne serait-ce qu’un coin du voile sur le fonctionnement et les chiffres de l’entreprise, l’enquête lancée par la justice est un espoir. Une perquisition le 17 janvier au siège de Lactalis à Laval et à l’usine de Craon d’où sont sortis les lots de lait infantile contaminé, permettra d’y voir un peu plus clair. L’enquête préliminaire ouverte pour tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine et inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit préjudiciable à la santé sera sans doute l’occasion de mieux comprendre ce qui s’est passé, d’établir les responsabilités de chacun, dans l’entreprise et à l’extérieur. Lactalis n’est pas seule partie prenante dans ce dossier : l’État et les distributeurs devront s’expliquer. Et faire œuvre, eux aussi, de transparence. Tous les acteurs de cette affaire y gagneront, et au premier chef Lactalis dont la culture du secret ne peut qu’engendrer dans les esprits le poison de la suspicion.

Cyril Bonnel



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