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Mercredi 03 juin 2020

Une 2e taxe soda ?


Cuisiner « maison » plutôt que consommer des plats préparés pour bien se nourrir n’est pas forcément la bonne solution pour tous. Dans une étude de chercheurs de l’Inrae publiée dans Public Health Nutrition le 27 mai, il apparaît en effet qu’« en prenant en compte le coût du temps, cuisiner à la maison à partir d’ingrédients bruts revient plus cher qu’acheter des plats industriels ». Une conclusion qui touche évidemment les familles les plus défavorisées, pour qui l’achat de plats tout faits devient alors une nécessité financière. A condition de s’assurer que lesdits plats industriels ne sont pas ultra-transformés. Nul besoin de rappeler, les études sur le sujet ne manquent pas, que plus un produit est transformé, moins il est bon pour la santé. Un sujet auquel s’attaque l’application Siga, en mesurant le degré de transformation des aliments et surtout en aidant ses clients industriels et distributeurs à améliorer leurs recettes.

Mais le chemin sera long et semé d’embuches avant d’arriver à « nettoyer » toutes les recettes proposées dans le commerce. C’est là que la 13e proposition de Françoise Cartron, sénatrice de Gironde, et Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère, dans leur rapport sur l’alimentation durable, devrait inciter à la reformulation des recettes. Cette proposition porte sur une aide financière issue de taxes sur « certains aliments en raison de leur mauvaise qualité nutritionnelle sur le modèle de la taxe Soda », et dont le produit pourrait financer des chèques « alimentation saine » pour permettre l’achat de fruits ou légumes frais. Plutôt qu’une taxe, pourquoi ne pas se dépêcher de cuisiner de bons produits industriels ?

Perrine Delfortrie



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