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Mercredi 04 décembre 2019

Une campagne Miimosa pour sauver la tomate française


Reprise cet été par la coopérative agricole Provence-Languedoc, l’usine Provence Tomates spécialisée dans la transformation de tomates d'industrie de plein champ cherche des fonds. Une collecte de 200 000 euros est ouverte sur la plateforme Miimosa pour la modernisation de l’outil de production, un projet vital pour maintenir des emplois dans la région et assurer l’avenir d’un acteur important de la filière en France


La coopérative agricole Provence-Languedoc (CAPL) a lancé une collecte de fonds sur la plateforme de financement participatif Miimosa, afin d’assurer la survie de la filière de la tomate en France. Cette collecte vise un montant de 200 000 euros. Les prêteurs, qu’ils soient des particuliers ou des industriels, ont jusqu’aux premiers jours de janvier pour participer. Le taux annuel de rémunération est fixé à 4%, et le prêt sera remboursé mensuellement sur cinq ans. Un dossier dont l’enjeu est de taille, tant pour la filière de la tomate française, que pour les producteurs, sachant que les dix dernières années de Provence Tomates, c’est-à-dire depuis la création de l’usine, n’ont rien d’un long fleuve tranquille. La société a en effet « cumulé pas moins de 14 M€ de pertes » souligne un proche du dossier, sans même compter celles de 2019. Des problèmes de financement et de gestion, qui ont d’ailleurs entraîné sa mise en redressement judiciaire, avant la reprise par la CAPL à la barre du tribunal en août dernier.

L’appel de fonds actuellement en cours sur la plateforme Miimosa sera complété par du financement bancaire, le tout permettant de mener à bien les projets de Provence Tomates. Ceux-ci portent sur l’installation « d’une nouvelle ligne de production, plus économe en énergie, afin de désaturer l’usine en haute saison. La gamme “zéro résidus de pesticides” de la coopérative sera portée par cet investissement, qui permettra par ailleurs de lancer une gamme complète de produits bio », est-il encore expliqué. Surtout, le maintien de cette usine de transformation de tomates d’industrie de plein champ sur le territoire permettrait de préserver 450 emplois agricoles et industriels directs et indirects. Située à Tarascon (Bouches-du-Rhône), cette usine assure près de la moitié de la production nationale (46%), « un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie et de la GMS en dérivés de tomates », rappelle Miimosa.

Un outil sous employé

Non seulement soutenu financièrement par la CAPL, ce projet est également cohérent avec les débouchés de ses adhérents. Avec les tomates seules, l’usine est loin de tourner au maximum de ses capacités.  « En moyenne, l’usine tourne environ 75 jours par an pour les tomates. Tout le reste de l’année est disponible, ce qui laisse donc beaucoup de marge pour écraser les coûts fixes. Et au cours de la "campagne tomates" le volume traité cette année est de 70 000 tonnes, nous pourrions traiter 20 000 tonnes de plus avec le même outil. C’est pour cela que nous cherchons d’autres activités », explique Patrice Florentin, le directeur général adjoint du groupe CAPL. Des essais sont actuellement en cours pour la réalisation de concentrés de pommes, qui grâce à leur teneur en sucre importante pourraient trouver des débouchés auprès des industriels pour certaines préparations.

Le business plan de Provence Tomates diffusé par Miimosa prévoit pour 2021 un chiffre d’affaires de 19,6 M€ et un Ebit de 0,6 M€ (contre un Ebit négatif de 1,7 M€, pour un chiffre d’affaires de 16,2 M€ lors de son exercice clos le 30 juin 2018). Un an plus tard, il est prévu un doublement de l’Ebit à 1,2 M€.  De son côté, la CAPL, qui compte 12 000 adhérents, a réalisé un chiffre d’affaires de 115 M€ en 2018.

Perrine Delfortrie



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