Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 12 juin 2019

Urgence


L'absence totale de scrupules des escrocs est à la hauteur de leur imagination, c'est-à-dire sans limites. En témoigne le scandale des steaks hachés révélé le 7 juin par la DGCCRF. Des steaks hachés qui, à part le nom, n'avaient rien de steaks hachés, mais que plusieurs associations caritatives ont distribué en toute bonne foi dans leur réseau pendant plusieurs mois. Des dons financés par un Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) pour lutter contre la précarité alimentaire. Deux entreprises françaises et leur fournisseur polonais ont ainsi écoulé pas moins de 700 tonnes de marchandises avant que la DGCCRF n'enquête.

Une histoire tellement énorme et surtout tellement ignoble qu'elle en paraît inimaginable. Heureusement, ces produits ne présentaient pas de risques pour la santé, mais choisir de s'attaquer aux plus démunis est abject.

Que de tels actes fassent l'objet d'"une sévérité exemplaire" comme le demande Interbev, l'interpofession des viandes qui a d'ailleurs porté plainte contre X, est le moins qu'on puisse faire maintenant. Le problème, c'est aussi de gérer l'après. Et s'assurer, comme dans le cas du scandale de la viande de cheval, que de telles tromperies ne se reproduisent plus. Difficile d'ailleurs de ne pas faire le parallèle entre ces deux affaires. La première fois, on se demande comment une telle fraude est possible, mais la seconde fois, on est abasourdi.

Il y a donc urgence à agir. Dans son dernier rapport annuel présenté en février, la Cour des comptes relevait que "des insuffisances subsistent à toutes les étapes de la chaîne de contrôle de la sécurité sanitaire de l’alimentation". Faudra-t-il attendre un scandale sanitaire entraînant des décès pour que les choses bougent véritablement ?

 

Perrine Delfortrie



Téléchargements