Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 10 mai 2017 | bilan

2016, un mauvais millésime pour les boissons hors domicile


Selon Nielsen, qui a mesuré les ventes de boissons hors domicile au cours de l’année précédente, celles-ci s’établissent à -2,7% en volume. Des causes conjoncturelles mais aussi structurelles expliquent cette désaffection.


« Les Français tendent à réduire leurs sorties, surtout pour des raisons économiques, et les attentats ont largement impacté l'afflux des touristes en Ile-de-France et sur la Côte d'Azur, deux régions importantes pour le CHR », note Nielsen dans un communiqué. Dans les cafés, hôtels, restaurants, ainsi que les bars, les pubs et discothèques, la météo défavorable au premier semestre a joué aussi son rôle dans la désaffection des consommateurs pour les sorties. Résultat : les volumes de boissons consommées en CHR reculent de -2,7% en 2016.

Un autre phénomène, structurel celui-ci, explique les volumes en retrait : le nombre total d'établissements continue de baisser. « Les restaurants et les hôtels sont les établissements où le recul des volumes est le plus fort (-8% et -3% respectivement). Seuls les bars de nuit sont en développement : +15% d'établissements supplémentaires cette année », selon les résultats du panel de Nielsen.

Les nouveaux circuits de distribution, des concurrents inattendus

Pour les soft drinks, « le CHR traditionnel fait face à la concurrence de nouveaux concepts de restauration hors-domicile proposés par les food trucks, les enseignes spécialisées ou même la grande distribution alimentaire – et les boissons non alcoolisées sont les plus touchées par l'émergence de ces nouvelles offres », souligne Mathieu André-Fébrero, directeur du département Nielsen On Trade.

Quelle que soit le type de boisson, les consommateurs réduisent leur consommation. Les cidres (-7,9%) sont les plus pénalisés, suivis par les boissons sans alcool (-5,2%). Les bières (-0,9%) résistent mieux grâce à l’Euro de football et une croissance du nombre de références de ce segment. Les spiritueux, dont les volumes sont en baisse de -3,7%, subissent en plus des changements d’habitudes chez les consommateurs. Les rhums connaissent une montée en puissance (ils sont désormais la 2e catégorie la plus vendue après les whiskys) et détrônent ainsi les vodkas. Les gins et les amers ont également le vent en poupe.

Cette année, les établissements devront parier sur « le retour des alcools anciens et des goûts authentiques », et « valoriser l’offre cocktail », note Mathieu André-Fébrero.

CB



Téléchargements