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Mercredi 19 septembre 2018 | etude

80 % des Français continuent à manger de la viande de lapin


La viande de lapin jouit d’une bonne image, montre une étude Ifop/FranceAgriMer présentée le 12 septembre au Space. Et les amateurs n’ont pas disparu. Simplement, ils « ne pensent pas » à en acheter et la consommation décroche. L’interprofession (Clipp) décrête la mobilisation.


La consommation de lapin a reculé de 9,5 % en 2017 et de 10 % en 2018, alors que l’érosion ne dépassait pas 2 à 3 % les années précédentes, constate le président de l’interprofession (Clipp), Guy Airiau. Paradoxalement, la filière cunicole « ne présente pas de gros handicap », montre Fabienne Gomant (Ifop) : 80 % des Français continuent à manger du lapin (82 % lors de la précédente étude conduite en 2010) et à en avoir une « bonne image » – « un tel score n’est pas très habituel ». De plus, 73 % affirment avoir plutôt confiance dans son mode d’élevage – un « atout fort en comparaison d’autres filières ». En revanche, la fréquence des achats faiblit : seuls 15 % des Français consomment du lapin au moins une fois par mois, contre 25 % en 2010. Et les amateurs ne rajeunissent pas : 92 % chez les plus de 50 ans, 63 % chez les 15-24 ans.

Principale explication à cette faible consommation (0,7 kg par habitant en 2017) : « On n’y pense pas ». Les réticences de l’entourage (manque de goût pour cette viande voire lien affectif au lapin « animal de compagnie ») sont également évoquées, de même que la difficulté à trouver du lapin dans les rayons. En conclusion de son étude, l’Ifop identifie trois pistes de progrès : « améliorer la visibilité de l’offre », « mieux signifier la qualité des produits » (origine France, alimentation 100 % végétale et/ou sans OGM, label rouge et bio), « faire évoluer l’image de la viande de lapin ». Autrement dit, communiquer vers le grand public. L’interprofession y consacrera 450 000 € en 2018, « surtout sur le digital », indique son président. Le Clipp a par ailleurs répondu, en avril dernier, à un appel d’offres européen qui, en cas de succès, permettrait de tripler cette enveloppe sur les trois prochaines années. Réponse attendue le 24 septembre.

25 % de logements alternatifs d’ici à 2022

« Notre premier enjeu, c’est la relance de la consommation », résume Guy Airiau. Cela commence par une « meilleure réponse à la demande de praticité exprimée à domicile et hors-domicile. Les entreprises doivent investir dans l’innovation et l’automatisation pour faire baisser les coûts de transformation ». Le plan de filière élaboré par le Clipp dans le prolongement des Etats généraux de l’alimentation prévoit de faire passer le taux de découpes de 15 % à 20 % d’ici à 2022. « La vente de pièces uniques s’effrite à toute vitesse dans toutes les espèces », constate d’ailleurs Arnaud Caudrelier, acheteur national volaille-gibier chez Auchan. André Maléjac, président du directoire de Loeul et Piriot, observe, lui aussi, un « basculement de la demande vers les produits découpés et désossés ».

Le logement des lapins constitue un « axe central » du plan de filière, même si « l’accroissement du bien-être animal ne fait pas partie des attentes prioritaires identifiées par l’étude », note Guy Airiau. Objectif : « Passer de 1 % à 20-25 % de logement alternatif d’ici à 2022. » En parallèle, il convient d’« aller plus loin dans les bonnes pratiques d’élevage », particulièrement la consommation d’antibiotiques. « Nous avons fait d’énormes progrès (- 46 % d’exposition des animaux entre 2010 et 2016, ndlr) mais la filière veut poursuivre la diminution de l’usage des antibiotiques de 50 % d’ici à 2022 », affirme le président du Clipp.

La consommation française de viande a baissé de 12 % en dix ans, selon le Crédoc

Le constat du Crédoc est sans appel : en dix ans, la consommation de viande a diminué de 12 %. Dans une analyse effectuée à la demande d’Interbev, publiée le 4 septembre, le centre de recherche constate que la consommation individuelle de viande est passée de 153 grammes par jour et par personne en 2007 à 135 grammes en 2016. Le prix explique en partie ce déclin, selon le Crédoc. Mais ce sont les catégories socioprofessionnelles les plus aisées qui consomment le moins de viande. Aussi, les inquiétudes pour la santé, la sensibilisation à l’impact sur l’environnement et au bien-être animal peuvent expliquer cette tendance baissière, analyse le Crédoc. Tout comme l’évolution des comportements alimentaires des nouvelles générations : un tiers de la viande est consommé sous forme de sandwichs, burgers et plats préparés, contre un quart en 2007. La filière note toutefois que l’image de la viande bovine reste positive pour les consommateurs : 81 % des acheteurs ont une excellente ou bonne image de la viande bovine et plus de 90 % la considèrent comme nourrissante.

BC (Agra Presse)



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