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Mercredi 06 février 2019

Appel scientifique à une « refonte radicale » du système alimentaire mondial


Nutrition > Dans un rapport publié après trois ans de travaux, un collectif de scientifiques préconise une « refonte radicale » du système alimentaire mondial, mais aussi une limitation de « l’influence » de l’industrie agroalimentaire, sur le modèle de ce qui fut fait pour l’industrie du tabac, pour lutter conjointement contre le réchauffement climatique et les problèmes de malnutrition.


Les problèmes « d’obésité », de « sous-nutrition » et de « changement climatique », sont les différents symptômes d’un « dysfonctionnement global » du système alimentaire mondial, qui constitue « la plus grande menace actuelle pour l’humanité et la planète », selon les travaux d’un collectif de scientifiques, publiés le 28 janvier par la revue médicale The Lancet.

Ce rapport est le résultat de près de trois ans de travaux, menés par 43 scientifiques, au sein des universités de Washington, aux États-Unis, et d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, en partenariat avec la World Obesity Federation. Il suit de près la sortie du rapport d’un autre collectif, publié le 17 janvier dans la même revue, élaborant le régime alimentaire idéal pour la santé et l’environnement.

« La sous-nutrition diminue trop lentement, aucun pays n’a réussi à contrer son épidémie d’obésité, et l’élaboration de réponses politiques au changement climatique débute à peine », résume le rapport. Or, la malnutrition, est « de loin », la « plus grande cause de morts prématurées et de mauvaise santé dans le monde », et le système alimentaire est responsable de « 25-30 % des gaz à effets de serre ».

Une prise en compte des « interactions » entre les différentes « menaces »

Les chercheurs appellent à considérer les « interactions » entre ces différentes « menaces », pour y apporter des réponses. « Jusqu’ici la sous-nutrition et l’obésité ont été vues comme des opposés. En réalité, ces deux phénomènes sont liés au même système alimentaire malsain et inéquitable », précisent-ils.

Ils pointent du doigt le rôle de l’industrie agroalimentaire, qui se « focalise sur les profits à court terme », et qui se « concentre dans des entreprises de plus en plus grandes et de moins nombreuses ». Résultat : elles empêchent la « mise en place de politiques de prévention » indispensables pour résoudre les problèmes de santé et d’environnement.

Selon eux, la solution passe par une « refonte radicale » du système alimentaire mondial, corrélé à « un modèle économique plus sain ». Ils préconisent notamment un « traité mondial pour limiter l’influence » des entreprises de l’agroalimentaire sur le « modèle des conventions internationales contre le tabac ».

FC (Agra Presse)