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Lundi 28 mars 2005 | traçabilité

Bruxelles veut améliorer les règles de traçabilité de la viande bovine


Dans un rapport d’évaluation de la législation sur l’étiquetage, la Commission européenne estime nécessaire de porter des adaptations techniques au règlement sans remettre en cause les investissements lourds consentis par la filière viande bovine pour l’appliquer. Elle propose d’assouplir les règles d’assemblage des lots de viande vendus directement aux consommateurs et évoque la possibilité de créer un étiquetage " viande européenne " pour relancer les échanges entre les membres du marché communautaire.


Sur les emballages, le VE de « viande européenne » va-t-il remplacer le VF de « viande française » ? La proposition d’un étiquetage communautaire de la viande bovine est symbolique de l’état d’esprit de Bruxelles vis-à-vis des règles de traçabilité et d’étiquetage mises en place en 2000, après la seconde crise de l’ESB (1). Évidemment, la réglementation doit être maintenue. Il faut juste « l’améliorer et la faciliter », défend-elle dans un rapport d’évaluation remis au Conseil et au Parlement européen. Ce document servira de base aux discussions entre les institutions.

Multitude de lots

La Commission européenne s’oppose à la mention de l’origine de la viande bovine pour les produits transformés. Pour les produits d’assemblage comme les brochettes, ou les produits transformés comme les plats cuisinés, cette obligation serait trop lourde, compte tenu de la multitude de lots de viande utilisés pour un même produit. Selon Bruxelles, cette extension n’apporterait que des contraintes et des coûts supplémentaires sans apport de garanties supplémentaires pour la santé publique, ni effet sur le niveau de consommation.

En revanche, avec la mention viande européenne, les services bruxellois veulent mettre un terme à la « renationalisation » du marché. Cette adaptation pour les produits de seconde découpe « pourrait lever certains freins à la libre-circulation communautaire et apporter une solution satisfaisante pour l’étiquetage de la viande des bovins d’origine mixte», argue-t-elle. Toutefois, l’enregistrement de l’origine de la viande serait maintenu à tous les stades de la transformation. Les opérateurs seraient libres de choisir l’origine européenne ou nationale qu’ils souhaitent mettre en avant.

Degré de fiabilité aléatoire

En aucun cas, l’Europe ne souhaite affaiblir son dispositif de traçabilité et d’étiquetage. D’autant que pour mettre en œuvre l’ensemble de cette législation, les industriels ont dû consentir à de lourds investissements et revoir profondément leurs pratiques d’achat, reconnaît la Commission. Il s’agit plutôt de pérenniser ces efforts. De les renforcer aussi : la traçabilité et l’étiquetage de la viande bovine « ne présentent pas le même degré de fiabilité selon les stades de la transformation », regrette Bruxelles. Les missions de l’Office alimentaire et vétérinaire montrent que les règles sont bien respectées dans les ateliers d’abattage et de première découpe. En revanche, les enquêtes de l’OAV ont mis en évidence « dans la plupart des Etats membres des difficultés d’application du système de traçabilité (…) dans les ateliers de deuxième découpe». Des mélanges de lots ont été constatés. Pour faciliter la tâche à ces ateliers, le rapport préconise de permettre l’assemblage de viande bovine provenant de plusieurs usines de première découpe au sein d’un même lot de seconde découpe.

(1) ) Règlement CE 1760/2000 établissant un système d’identification et d’enregistrement des bovins, et concernant les produits à base de viande bovine.
L.V.



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