Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 10 juillet 2019

Casino fragilisé


Après décision du tribunal de commerce de Paris, la Société Générale vient de récupérer 3,4 % du capital de Rallye, la maison mère de Casino. Ces titres avaient été donnés en garantie de contrats conclus entre la banque et Foncière Euris, elle-même holding de contrôle de Rallye, et toutes appartenant à Jean-Charles Naouri. L’information a été accueillie comme une nouvelle étape dans la déconfiture du groupe.

Après la mise sous procédure de sauvegarde en mai dernier des holdings de tête de Casino, pour suspendre les remboursements de la dette, l’homme d’affaires, ex directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy de 1982 à 1986, voulait gagner du temps.

Cette procédure était aussi le moyen de permettre à Casino de souffler. Véritable machine à cash auprès de sa maison mère, le groupe de distribution est aujourd’hui fragilisé. Crise financière au Brésil, guerre des prix entre distributeurs français… autant d’éléments négatifs qui pèsent sur les résultats depuis 2015. Une situation qui a d’ailleurs mis en exergue un problème de gouvernance au sein du groupe. En effet, Jean-Charles Naouri à la tête de toutes ces entités aux intérêts parfois divergents, n’est-il pas en plein conflit d’intérêt ?

Toujours est-il qu’en poursuivant le versement de dividendes à ses actionnaires, dont Rallye, c’est autant de moyens que Casino n’a pas consacrés à investir pour son propre développement. Avec un effet boule de neige qu'il paye aujourd’hui. Et si les créanciers sont sur le qui-vive, que dire des salariés de Casino, dont l’avenir s’obscurcit de jour en jour.

Perrine Delfortrie



Téléchargements