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Mercredi 13 décembre 2017

Comprendre


L'affaire de la contamination aux salmonelles d'un lait infantile produit par Lactalis n'est pas terminée. Parce qu'il s'agit bien maintenant d'une affaire et non plus d'un incident isolé comme il en arrive dans l'industrie agroalimentaire. Régulièrement en effet, des lots de produits alimentaires sont retirés des rayons de la grande distribution. Dans la très grande majorité des cas, c'est l'industriel lui-même qui, suite à des analyses internes révélant une contamination, rappelle ses propres produits et l'incident s'arrête là.

Chacun sait évidemment que le zéro défaut n'existe pas. Et qu'elle soit petite ou grosse, aucune entreprise n'est à l'abri. Mais, enrichis par les précédentes crises alimentaires, les contrôles et les procédures mis en place visent justement à s'en approcher le plus possible. Ou tout au moins à faire en sorte d'éviter le pire.

Dans le cas de Lactalis aujourd'hui, on va de surprise en surprise. Une semaine après le rappel par l'entreprise d'une douzaine de lots de lait en poudre, Bercy a décidé de prendre le taureau par les cornes estimant que les mesures prises par le groupe depuis le 2 décembre ne sont "pas de nature à maîtriser le risque de contamination" par ces bactéries. Cette fois, le ministère a publié une liste de plus de 600 lots interdits à la consommation et à l'exportation.

Comment un groupe tel que Lactalis en est arrivé là ? La volonté affichée par certains parents de porter l'affaire en justice devrait permettre de lever le voile sur ces interrogations. Connaître la vérité est indispensable.

Avec l'industrialisation de l'alimentation, les consommateurs n'ont d'autres choix que de faire confiance aux fabricants. Et autant pour les plus méfiants, il est facile de préparer soi-même un plat cuisiné, autant cela devient plus compliqué pour du lait maternisé en poudre... Et dès lors que la confiance est rompue, elle est très compliquée à restaurer.

 

Perrine Delfortrie