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Mercredi 05 septembre 2018

Eldorado chinois ?


La Chine fait rêver les Européens depuis des siècles. Son immensité, ses richesses, sa puissance, et même sa révolution communiste qui en a fasciné plus d’un, autour de Mai 68. Aujourd’hui, le rêve prend une autre forme : son fabuleux marché de près d’un milliard et demi de consommateurs au pouvoir d’achat en pleine croissance est l’objet de toutes de convoitises.

Et cela tombe plutôt bien pour les industries agroalimentaires : la Chine a faim de nouveaux produits, les attentes de ses consommateurs changent, ils veulent varier leur alimentation, et s’intéressent à la gastronomie et aux produits d’excellence hexagonaux. Ils sont aussi plus exigeants, et ils ont une confiance très limitée dans la sécurité alimentaire sur le propre territoire. C’est l’une des raisons du succès du lait infantile made in France : les industriels du lait se sont positionnés sur ce marché porteur, d’autant que les familles chinoises ont désormais droit à un deuxième enfant.

Et pourtant, exporter vers la Chine n’est pas si facile que cela. Le feu vert des autorités sanitaires chinoises est à chaque fois complexe à obtenir, les produits doivent être adaptés aux attentes locales, les délais de livraison sont longs et, surtout, le bon partenaire n’est pas toujours celui qui présentait au départ toutes les garanties. Les récents déboires de Sodiaal et des Maîtres laitiers du Cotentin, confrontés aux difficultés de Synutra, montrent que l’eldorado n’est pas forcément au rendez-vous. Les deux coopératives doivent vite retrouver de nouveaux partenaires pour exporter vers la Chine, et sans doute prospecter d’autres marchés. Pas forcément de quoi rassurer éleveurs qui avaient été incités à agrandir leurs troupeaux et à produire plus pour répondre à l’appétit des bébés chinois.

Cyril Bonnel



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