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Mercredi 28 février 2018

Je change, tu changes... ils changent ?


Les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs pour 2018 se sont normalement achevées mercredi soir. Ni les EGA, ni la charte d'engagement, ni aucun beau discours n'ont permis d'amélioration notable dans les box de négociations. Quoi qu'en disent certains, le constat reste globalement négatif. Mais la mauvaise foi n'engage à rien.

Le rapport de force avec 470 000 exploitants, plus de 17 500 entreprises * et 4 grandes centrales d'achat n'est pas étranger au bon déroulement de ces négociations. Des négociations qui n'en sont pas vraiment et n'en portent finalement que le nom, ce d'autant plus quand on sait sur quoi repose la construction du prix dans une majorité de cas. Une construction de l'aval à l'amont totalement illogique et aberrante que même un enfant comprendrait. Et comment réussir à justifier et à défendre la poursuite de telles pratiques, sous couvert de protéger le pouvoir d'achat des consommateurs. Stop ! Il faudra bien qu'un jour tout cela s'arrête.

Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a encore rappelé quelques règles élémentaires mardi sur Franceinfo, à la veille de la clôture des négociations. "Ce ne sont pas les hypermarchés qui font la loi en France, c'est le gouvernement". Dont acte !  

Tous les espoirs maintenant reposent donc sur la loi issue des travaux réalisés par l'ensemble des filières de l'agroalimentaire lors des Etats généraux de l'alimentation. Présenté en conseil des ministres fin janvier, le projet de loi sera débattu au Parlement fin mars. Stéphane Travert, invité du "Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI" le 25 février, n'a pas exclu d'avoir recours aux ordonnances pour accélérer l'adoption de son projet de loi sur l'alimentation. C'est bien, mais encore une fois, cette loi ne réglera pas tous les problèmes. Il faudra aussi que certains changent de comportement.

Perrine Delfortrie



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