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Mercredi 06 mars 2019

L’arbre qui cache la forêt


À l’occasion du Salon de l’agriculture qui s'est s’achevé le 3 mars, plusieurs acteurs de la production, de la transformation et de la distribution ont annoncé la signature de contrats tripartites. Parfois sous la forme de simples communiqués, parfois avec bien plus de mise en scène. À l’image de Lidl qui a ainsi diffusé un planning des signatures pendant le salon à raison d’un contrat par jour pendant la première semaine. Des reconductions d’accords signés les années précédentes, et aussi de nouvelles collaborations. Dans le lait, les contrats se sont aussi multipliés entre éleveurs, groupes laitiers et distributeurs : Savencia avec Intermarché, Lactalis avec Carrefour, Super U et Lidl, Danone avec Leclerc ou encore Sodiaal avec Lidl.

Pourtant, ces nouvelles collaborations inspirées par la loi Alimentation et son ambition de mieux rémunérer les agriculteurs, doivent être rapprochées de ce qui se passe dans la dernière ligne droite des négociations commerciales. Pour l’Ania, s’il y a des efforts dans le comportement des acheteurs, la relation reste extrêmement déséquilibrée. Selon les industriels, les progrès pour mieux payer les agriculteurs ne sont pas pris en compte.

Ce qui se passe dans le lait est un bon exemple, mais c’est aussi l’arbre qui cache la forêt : cette multitude de contrats signés sous la contrainte par des fournisseurs qui ont à tout prix besoin de sécuriser des volumes, au détriment de leurs marges. Les coopératives constatent des négociations difficiles en particulier dans les céréales et la viande. Or, c’est dans la viande bovine et porcine que Lidl a signé plusieurs accords la semaine dernière. Sans doute pas assez nombreux. Pour le distributeur, il faut plus de transparence dans les contrats. Un changement qui risque de prendre du temps avant d’entrer dans les habitudes.

Cyril Bonnel



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