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Mercredi 29 novembre 2017

L'illusion de la viande


Le boom des produits Herta à base de protéine végétale donne à réfléchir. En une année, la filiale du géant Nestlé s'est taillée la part du lion dans les rayons de la GMS, prenant près d'un quart de ce marché estimé à 67 millions d'euros, juste au-dessous des marques distributeurs, mais surtout bien loin devant les marques historiques que sont Céréal et Sojasun.

Loin d'être un simple phénomène de mode, ce transfert des consommateurs vers la "viande" végétale relève bien d'une tendance de fond. Les industriels ont d'ailleurs bien compris tous les bénéfices qu'ils pourraient tirer de cet engouement. Investissement de 8 millions d'euros dans une nouvelle ligne de production dédiée chez Herta, c'est dire si le groupe croit en sa capacité de conforter sa première place dans le traiteur frais végétal en France avec sa gamme Le Bon végétal. Et il n'est pas le seul à avoir saisi l'importance de s'installer sur ce marché. D'autres industriels comme Fleury Michon ou LDC, se sont engouffrés dans la brèche. Chacun y allant de sa nouvelle recette pour séduire les consommateurs, voire, comme le groupe volailler, se montrant prêt à saisir une opportunité de croissance externe pour aller plus vite.  

Fini les recettes au tofu réservées aux végétarismes purs et durs. Maintenant, chacun peut substituer sa consommation de protéines animales par des protéines végétales simplement. Mais attention, à la condition que ni son œil, ni ses papilles gustatives ne voient la différence ou presque. En effet, aujourd'hui les rayons débordent de ... steaks, saucisses, boulettes et autres nuggets et produits panés. L'illusion de manger de la viande, sans en manger. C'est dire si nos habitudes alimentaires ne changeront pas du jour au lendemain. 

Perrine Delfortrie