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Mercredi 24 janvier 2018

L'étau se resserre


Des députés de différents bords politiques sont montés au créneau ces jours-ci contre les sociétés qui ne publient pas leurs comptes. Ils ont déposé un amendement au projet de loi sur le droit à l’erreur afin de durcir les sanctions prévues dans la loi Sapin II contre les sociétés qui ne jouent pas la transparence. Ce texte est examiné depuis le 23 janvier dans l’hémicycle. Tout ceci arrive à point nommé, en pleine période de négociations commerciales avec les distributeurs. Des négociations qui, en dépit de la Charte de bonne conduite signée par tous, industriels et distributeurs, et des Etats généraux de l'alimentation, ne se passent pas bien du tout.

L’amendement propose de confier directement au président du tribunal de commerce, sans passer par le président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges comme c'est le cas actuellement, la mission d’adresser aux sociétés récalcitrantes des injonctions sous astreinte (ne pouvant excéder 2 % du chiffre d’affaires journalier moyen réalisé en France).

L'étau se resserre donc autour de groupes tels que Lactalis, décidément dans le tourmente, ou encore le groupe Bigard, tous deux montrés du doigt lors de la crise agricole de l'été 2015. Des groupes en bonne santé financière qui étaient accusés de ne pas jouer le jeu vis-à-vis des éleveurs en grande difficulté.

Si Lactalis invoque aujourd'hui la nécessité, en ne publiant pas ses comptes, de ne pas de "déshabiller" face à la concurrence, nul ne dit que l'argument réussisse à convaincre durablement. De nombeux groupes, avec des positions de leaders, publient leurs comptes en parfaite transparence, sans pour autant perdre des points face à la concurrence!

La politique du secret, entretenue par le groupe Lactalis depuis de longues années, est synonyme de choses à cacher. Tout le contraire du proverbe qui dit que pour vivre heureux vivons caché.

Perrine Delfortrie



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