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Jeudi 02 mai 2019

La perte de compétitivité inquiète les coopératives agricoles


Au lendemain de l’adoption de plusieurs ordonnances issues des Etats généraux de l’alimentation (EGA), les membres de Coop de France Ouest dressent un tableau négatif des mesures les concernant. Les coopératives s’inquiètent de négociations commerciales qui leur seraient défavorables pour les MDD.


L’assemblée générale de Coop de France Ouest, qui s’est tenue le 26 avril à Rennes, a été l’occasion pour les administrateurs de coopératives agricoles présents de faire un point sur les ordonnances parues le 25 avril suite aux EGA. La possibilité par les adhérents d’attaquer la coopérative en justice en cas de prix jugés abusivement bas inquiète particulièrement. Les coopérateurs de l’Ouest s’étaient déjà mobilisés contre cette mesure en début d’année avec le hashtag #touchepasamacoop. Dominique Chargé, le président de Coop de France, a été particulièrement virulent contre cette mesure. « Ce lien de judiciarisation est susceptible de détourner l’adhérent de l’intérêt de sa coopérative. En parallèle, il y aura une appréhension des administrateurs lors de la prise de décisions stratégiques par peur du risque juridique », a-t-il regretté.

Crainte sur les marques de distributeurs

Alors qu’ils ne sont pas satisfaits de la nouvelle réglementation régissant les relations avec leurs adhérents, les administrateurs de coopératives ne le sont pas non plus concernant celle avec les distributeurs. Le rééquilibrage des rapports entre industrie et distribution était pourtant le point de départ des EGA. « Le ruissellement n’a pas eu lieu. Certes, il y a eu des avancés sur le lait mais la croyance un peu naïve que la grande distribution allait respecter les engagements était fausse », a commenté Vincent Magdelaine, directeur général par intérim de Coop de France. Sur le lait justement, plusieurs voix dans la salle prévoient une pression à venir sur les marques de distributeurs. « Ils vont nous coincer sur ce segment », prévient Dominique Chargé. « Pour que le ruissellement fonctionne, il faut qu’il y ait une contrainte législative pour redistribuer les marges acquises avec la hausse du seuil de revente à perte (SRP) », estime-t-il, sachant que « le pire serait de répartir de la valeur qui n’a pas été créée ». Il anticipe une perte de compétitivité des coopératives agricoles qui doivent valoriser l’ensemble de la production de leurs adhérents, contrairement aux entreprises privées.

Présent dans la salle, le coordinateur national des EGA, Olivier Allain, a demandé aux administrateurs des coopératives un peu de patience. « Le dispositif est prévu sur deux ans. C’est à ce moment-là qu’il faudra faire le point sur le ruissellement de la valeur. Laissons du temps au temps », a-t-il demandé.

Tanguy Dhelin



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