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Mercredi 24 juillet 2019

Le prix fort


En demandant au tribunal de commerce de Paris de sanctionner le mouvement E. Leclerc par une amende record de 117,3 M€ et de faire cesser les pratiques abusives d'Eurelec, sa centrale d'achat belge, Bercy envoie un message clair. Contrairement au passé, les contrevenants à la loi payeront le prix fort.

Le gouvernement veut "mettre un terme" à des pratiques "illégales", a confirmé Agnès Pannier-Runacher, sur les ondes. Et ce d'autant plus concernant E. Leclerc, qu'il a déjà été assigné sept fois pour "pratiques commerciales jugées illégales", a martelé la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie. Il est donc en situation de "récidive".

Mais Michel-Édouard Leclerc ne l'entend pas de cette oreille. Il parle même de "l'acharnement des pouvoirs publics français". Et avant même de connaître la décision du tribunal, le distributeur breton a d'ores et déjà prévu de porter l'affaire devant la Cour de justice de l'Union européenne.

Mais en agissant ainsi, il contourne les faits qui lui sont reprochés, à savoir imposer des baisses de tarifs très importantes à ses fournisseurs sans contrepartie, en déplaçant le débat sur le rapprochement avec d'autres distributeurs européens. Rappelons qu'il est associé avec l'allemand Rewe dans Eurelec.

C'est malin et culotté aussi. Et ça permet surtout au chantre du prix bas de rappeler que tout ce qu'il fait, il ne le fait que pour le consommateur. Reste à voir ce qu'en penseront les juges.

 

Perrine Delfortrie



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