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Mercredi 10 juillet 2019

Les Français changent leur façon de consommer des jus de fruits


Les goûts des consommateurs changent : ils boivent en plus petites quantités, plus souvent à l’extérieur du domicile mais sont prêts à dépenser un peu plus pour des purs jus ou des produits biologiques. Le marché pourrait être bousculé en cas de mise en place de la consigne par le gouvernement.


La consommation de jus de fruits et de nectars industriels a continué de reculer l’année dernière : les Français en ont moins consommé (les volumes en GMS ont chuté de 4,3 % par rapport à 2017, à 1,287 milliard de litres) et ont moins dépensé pour ce type de boisson : 2,034 milliards d’euros, en baisse de 1,2 % par rapport à 2017, selon Nielsen.

La tendance n’est pas nouvelle, tant les consommateurs se tournent de plus en plus vers les produits affichant des taux de sucre moins élevés comme les boissons associant pur jus de fruit et eau. Eckes Granini a ainsi lancé début 2018 un pur jus moins sucré, en jouant sur les mélanges de fruits (Agra Alimentation du 8 février 2018). En mars dernier, Orangina Suntory France lançait le nouveau segment des eaux fruitées avec une déclinaison d’Oasis, mélange de jus de fruits à base de concentré et d’eau (Agra Alimentation du 21 mars 2019).

La consommation est de plus en plus orientée vers les produits les plus valorisés comme les purs jus. En 2018, 62 % des volumes écoulés sont constitués par les purs jus, alors que ces produits avaient une part de marché de 47 % en 2010. Les jus de fruits et nectars bio progressent aussi fortement, de 2,7 % en 2010 la hausse atteint 8,3 % en 2018. Mais l’année passée a connu un coup d’arrêt à la progression des ventes en volume (+0,3 % en 2018) accompagnée toutefois par une forte hausse en valeur (+5,6 %). « Le manque de matières premières disponibles ralentit le marché » explique Unijus, l’interprofession du jus de fruit. La tendance à la valorisation se retrouve avec l’appétit des Français pour les jus réfrigérés. Désormais, ce sont 14 % des ventes qui se font avec les produits du rayon frais (+0,9 % en volume en 2018). Ces jus se vendent bien dans les magasins de proximité, tout comme les petits formats.

Les emballages en question

Alors que les autorités européennes fixent de nouveaux objectifs ambitieux en matière de recyclage des déchets, et que la France veut mettre en place la consigne sur les emballages pour recyclage ou pour réutilisation (Agra Alimentation du 27 juin 2019), Unijus évalue actuellement l’impact d’éventuelles nouvelles mesures. « La mise en place d’une consigne va engendrer une baisse des ventes de certains produits au moins provisoirement » prévoit Emmanuel Vasseneix, le président d’Unijus. « Il faut mesurer quel impact aura la consigne sur le tri et sur les recycleurs qui ont beaucoup investi dans des équipements » prévient-il, rejetant « toute consigne qui ne porterait que sur un seul type d’emballage ».

L’interprofession du jus de fruit souligne également un paradoxe. Les ventes de bouteilles en PET progressent (50 % de parts de marché en 2018 contre 26 % en 2010) car elles correspondent à l’attente des clients demandeurs de praticité et qui apprécient de voir le produit en transparence. Même si cela pose la question de la multiplication de ces emballages, qui ne sont pas forcément bien triés, comme dans les grandes villes, ou à l’occasion d’une consommation à l’extérieur.

Cyril Bonnel