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Mercredi 19 juillet 2017 | étude

Les Français de plus en plus adeptes des produits transformés


Dans une étude de grande ampleur, l’Anses relève que les Français consomment plus de sel et moins de fibres que les recommandations du PNSS, et qu’ils sont trop sédentaires. Elle appelle à un renforcement des efforts déployés dans le cadre de la politique nutritionnelle nationale.


Dans la troisième vague de son étude individuelle nationale des consommations alimentaires (Inca 3), dont les résultats ont été dévoilés le 12 juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a passé en revue les façons de se nourrir des Français. Pour cela, elle a étudié les comportements de 5 800 adultes et enfants au cours des années 2014 et 2015. « L’assiette des Français contient une grande part d’aliments transformés et encore un peu trop de sel (en moyenne 9 g/j chez les hommes et 7 g/j chez les femmes à comparer aux objectifs du Programme national nutrition santé de respectivement 8 g/j et 6,5 g/j) », constate l’Anses. Les fibres ne sont pas consommées en quantité suffisante, et les compléments alimentaires sont en forte hausse par rapport à la précédente vague de cette étude, conduite il y a sept ans.

Des différences notables en fonction de certains critères

Mais des différences sont relevées en fonction du sexe, de l’âge, du niveau d’étude et de la région. « Les adultes de 65 à 79 ans consomment plus d’aliments faits maison, les hommes consomment plus de denrées animales crues, les individus ayant un niveau d’étude supérieur ou égal à bac + 4 davantage de fruits et deux fois moins de boissons rafraîchissantes sans alcool », souligne-t-elle. L’Anses s’inquiète de comportements alimentaires à risques, dont la fréquence augmente : consommation de protéines animales crues, stockage trop long des produits frais, non-respect des dates limites de consommation ou encore mauvais réglage de la température des réfrigérateurs.

Le manque d’activité physique est pointé du doigt par les auteurs d’Inca 3. Avec des conséquences sur le poids des Français. « En 2014-2015, 13 % des enfants et adolescents (jusqu’à 17 ans) et 34 % des adultes de 18 à 79 ans sont en surpoids, 4 % et 17 % respectivement sont obèses », souligne l’Anses, qui met en cause le temps passé devant les écrans, en constante augmentation.

À l’heure où une réactualisation du PNNS (Programme national nutrition et santé) est en cours, et sur la base des comportements étudiés, l’Anses prend position pour un renforcement des efforts réalisés dans le cadre de la politique nutritionnelle nationale.

Les recommandations du PNNS de moins en moins suivies

Après une hausse de la consommation de fruits et légumes entre 2007 et 2010, suite à l'obligation de faire figurer une bannière incitative sur les produits alimentaires, les Français suivent de moins en moins les recommandations du PNNS. Selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) publiée en juillet 2017, intitulée Comportements et consommations alimentaires en France, les adultes et les enfants n'ont jamais aussi peu consommé de végétaux. En 2016, on constate ainsi que les gains enregistrés entre 2007 et 2010 ont été complètement effacés par la crise économique. "Les inégalités territoriales s'accroissent tandis que les inégalités sociales se nivellent par le bas", constate le Crédoc. Plus précisément, les moins respectueux des recommandations sont les individus vivant dans les familles de deux enfants ou plus, très peu diplômés et habitant plutôt dans la moitié nord de l'Hexagone. Des politiques publiques ciblées et de proximité sont plus que jamais nécessaires pour réduire au plus vite les fractures alimentaires, recommande le Crédoc.

Cyril Bonnel



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