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Mercredi 21 mars 2018 | nutrition

Plus de 30 millions d’écoliers reçoivent du lait, des fruits et des légumes grâce à un programme européen


Au cours de l’année scolaire 2016-2017, plus de 12 millions d’enfants de 79 000 écoles primaires et secondaires ont bénéficié du programme de l’UE « fruits et légumes à l’école » et environ 18 millions d’enfants ont participé au programme de l’UE « lait à l’école », selon les derniers rapports d’évaluation de la Commission européenne.


Dans le cadre du programme européen « Fruits et légumes à l’école » de 2016-2017, les pommes ont été les fruits les plus distribués, avec les poires, les prunes, les pêches et les nectarines, les oranges, les fraises et les bananes. Les carottes, les tomates, les concombres et les poivrons ont été les légumes les plus prisés. L’objectif de ce programme est, d’une part, d’augmenter la consommation de fruits et légumes chez les enfants et les adolescents de 3 à 18 ans (l’OMS et le Programme National nutrition santé recommandent 5 portions de fruits et légumes par jour soit environ 400 gr par jour, ndlr) et, d’autre part, contribuer à diminuer la prévalence de l’obésité et du surpoids chez les enfants et les adolescents. Dans le cadre du programme « Lait à l’école » de 2016-2017, le lait, le lait aromatisé et les produits à base de lait fermenté comme les yaourts ont été les catégories de produits les plus populaires dans le cadre du programme pour le lait. Le fromage a également connu un franc succès. Les États membres souhaitant participer à ces programmes de l’UE à destination des écoles doivent présenter leur demande de soutien à la Commission européenne avant la fin du mois de janvier. La dotation indicative du budget de l’UE pour chaque État membre se fonde sur le nombre d’écoliers dans chaque pays et, pour le lait, sur la participation à l’édition précédente du programme. Les autorités nationales sont libres de transférer d’un secteur à l’autre une proportion (de l’ordre de 20 à 25 %) du budget attribué. Elles ont également la possibilité de compléter l’aide reçue de l’UE par une aide nationale afin de financer leur programme.

Critères pour participer aux programmes de l’UE

Pour pouvoir bénéficier de l’aide financière communautaire, les programmes des États membres doivent satisfaire à certains critères. Tout d’abord la priorité doit être accordée aux fruits et légumes frais et au lait de consommation. Toutefois, les États membres peuvent également décider de distribuer des fruits et des légumes transformés, tels que des jus ou des soupes, et des produits laitiers comme du yaourt et du fromage, afin de garantir une alimentation variée et de répondre à des besoins nutritionnels spécifiques. D’autres produits laitiers, tels que des boissons à base de lait, peuvent être autorisés, mais l’aide ne sera octroyée que pour le composant laitier. Les États membres peuvent également inclure d’autres produits agricoles dans leurs programmes, comme les olives, l’huile d’olive et le miel. Le choix des produits à distribuer dans chaque pays de l’UE doit se fonder sur des considérations sanitaires et environnementales, ainsi que sur le caractère saisonnier, la variété et la disponibilité des produits, la priorité étant accordée aux produits européens. Les autorités nationales peuvent également promouvoir l’achat local ou régional, les produits biologiques, les circuits courts, les bénéfices environnementaux et les systèmes de qualité applicables aux produits agricoles dans le cadre de leur programme général. Étant donné que les programmes visent à promouvoir une alimentation saine, les produits distribués dans les écoles ne peuvent pas contenir d’édulcorants ou d’exhausteurs de goût artificiels et ne doivent pas en principe contenir de sucre ajouté, de sel ou de matière grasse. Les produits contenant de faibles quantités de sucre, de sel ou de matière grasse peuvent toutefois être autorisés si les autorités nationales compétentes en matière de santé et de nutrition donnent leur accord.

Quid des prochains programmes ?

Une enveloppe de 250 millions d’euros provenant du budget de la Politique agricole commune permettra d’assurer le déroulement continu de ces deux programmes de l’UE à destination des écoles primaires et secondaires durant l’année scolaire 2018-2019. Il est prévu pour chaque année scolaire, 150 millions d’euros pour les fruits et légumes et 100 millions pour le lait et les produits laitiers. Les enveloppes nationales des 28 États membres participant au programme durant l’année scolaire 2018-2019 viennent d’être approuvées et devraient être adoptées par la Commission européenne avant la fin de ce mois de mars. En ce qui concerne la France une somme de près de 17 995 000 euros est prévue pour les fruits et légumes (sur un total de 145 millions d’euros pour toute l’UE) et un peu plus de 17 millions d’euros pour le lait et les produits laitiers (sur un total de 105 millions d’euros).

Consommation de lait en baisse chez les jeunes

Commentant le rapport d’évaluation du programme « Lait à l’école » de l’UE, European Dairy Association (EDA), le lobby de l’industrie laitière de l’UE, a regretté la baisse de la consommation globale de lait et de produits laitiers chez les enfants, « consommation souvent remplacée souvent par des aliments et des boissons potentiellement pauvres en nutriments et à forte densité énergétique ». EDA parle même « d’études qui montreraient une augmentation de l’obésité infantile qui coïnciderait avec une baisse de la consommation de produits laitiers et une augmentation de la consommation de boissons sucrées, pauvres en nutriments ». Rappelant que les protéines et le calcium sont naturellement abondants dans le lait et les produits laitiers, les responsables d’EDA estiment que l’inclusion des produits laitiers dans le cadre des initiatives « Repas à la maison » et « Repas à l’école » sont à même d’aider les enfants « à développer un goût pour le lait dès l’enfance et à adopter des habitudes alimentaires saines plus tard dans la vie ».

Aziz Ben Marzouq



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