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Mercredi 23 janvier 2019 | viande

Porc : le bien-être animal entre dans le cahier des charges Leclerc


L’enseigne de grande distribution E. Leclerc et son industriel de la viande Kermené ont annoncé, le 16 janvier en Bretagne, le lancement d’une filière porcine exclusive appelée « Collectif niveau 2 » reposant sur des critères de bien-être animal. Un objectif de 100 000 porcs est visé en 2019.


Ces critères forment un plan de progrès vers les truies bien-être (maternité sans barres de contention pour les truies élevant leurs porcelets), prônant des bâtiments baignés de lumière naturelle et la généralisation d’objets organiques pour les animaux. Le « Collectif 2 » réunit, pour l’instant, douze éleveurs de différents groupements. Ils décident eux-mêmes du nombre de porcs charcutiers qu’ils livrent sous ce cahier des charges (100 000 visés cette année). En contrepartie, ils sont engagés sur une durée de trois à cinq ans. La caractéristique du contrat repose sur un prix « maison » déconnecté du prix MPB et indexé sur la base mensuelle du coût de l’aliment de l’Institut technique IFIP. « Nous payons en janvier 1,50 euro le kilo de carcasse et il devrait être de 1,60 euro en février », explique Pascal Leroy, responsable de la filière porc de Kermené.

« Prendre les devants sur les questions de rémunération »

S’inscrivant dans la droite ligne des États généraux de l’alimentation, le Mouvement E. Leclerc a voulu, à travers cette opération, « prendre les devants sur les questions de rémunération des producteurs et de bien-être animal dans les élevages », explique Kermené. L’industriel abatteur de 38 000 porcs par semaine (la moitié de son activité de viande multi-espèces) et vendeur de 170 000 tonnes de viandes et salaisons (répartition non communiquée) à partir de cinq sites de production (3 400 salariés) travaillait depuis plusieurs années sur cahier des charges. Appelé « Collectif » et proposé à ses fournisseurs (tous les groupements bretons, à l’exception de Cooperl Arc Atlantique), il a donné naissance à une première évolution dite de niveau 1 (animaux nourris sans OGM et sans traitements antibiotiques après quarante-deux jours d’âge), puis au niveau actuel, le 2.

« Le "Collectif 2" a fait l’objet d’une co-construction avec les groupements de producteurs, les éleveurs, les ONG et, bien sûr, les points de vente », souligne le directeur général de Kermené, Alex Joannis. Kermené valorisera dès février cette viande dans sa gamme de charcuterie « Nos Recettes Privilège » signée « Juste et Bon » (treize références). Et il prévoit d’identifier dans l’année les rôtis et côtes de porcs du cahier des charges au rayon boucherie. Pour les éleveurs présents lors du lancement de la démarche, ce contrat légitime leurs orientations vers plus de bien-être et renforce leur modèle économique. Quelques-uns des douze premiers producteurs engagés dans le cahier des charges avaient déjà investi en ce sens, sans reconnaissance par le marché. Les autres prévoient de le faire à brève échéance. « Ce contrat va renforcer notre rentabilité et rendre plus aisée la transmission de nos outils », témoigne Jean-Marcel Urvoy, éleveur signataire du contrat à Tressignaux (Côtes d’Armor).

Franck Jourdain, Agra Presse



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