Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 30 janvier 2019 | rse

Transition alimentaire : les consommateurs les plus jeunes sont plus réceptifs


Deux études, l’une centrée sur les consommateurs français dans leur ensemble, l’autre sur les plus jeunes à l’échelle mondiale, éclairent de façons différentes comment sont appréhendées les questions d’alimentation et de développement durable. La génération Z est bien plus sensible dans ses choix à l’éthique au sens large.


Alors que les prises de position se multiplient du côté des enseignes ou des fabricants en faveur d’une alimentation plus durable (Act for food chez Carrefour, Manger mieux chez Fleury Michon, etc.), les Français se montrent plutôt dubitatifs. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée auprès de 3 624 répondants de 18 à 70 ans interrogés en septembre dernier à l’occasion de la première vague de l’Observatoire du rapport des Français aux formats commerciaux alimentaires, piloté par l’Obsoco.

Si l’on en croit les résultats de cette enquête dévoilés le 17 janvier, plus de la moitié des personnes doutent de la volonté des distributeurs et des industriels de changer de modèle au profit de la transition alimentaire (promouvoir une alimentation de qualité, plus respectueuse de la santé, de la nature, du bien-être animal et des petits producteurs) : 50 % pour la grande distribution et 54 % pour l’IAA. Mais le résultat est bien plus net lorsqu’on interroge les Français sur la confiance qu’ils ont dans la capacité des enseignes et des fabricants à aller dans cette transition : seulement 15 % le pensent pour les GSA, et 11 % pour les IAA. Plutôt pessimistes, 26 % des sondés pensent que même s’ils en ont la volonté, ils auront beaucoup de difficultés à s’engager en profondeur dans ce type de démarche.

65 % des sondés estiment en outre qu’il faut se montrer méfiant, de manière générale, dès lors qu’on a affaire à une enseigne de la distribution alimentaire… Et cela, même si certaines enseignes sont perçues comme digne de confiance : dans ce classement, Biocoop arrive en tête, suivi de Grand Frais, Leclerc et, plus surprenant, Amazon.

Une génération Z plus sensible à l’éthique

Et pourtant, si l’on se fie à une étude menée par le cabinet de stratégie OC & C, les questions environnementales et éthiques redoublent d’importance pour les plus jeunes générations. Dans un focus de grande ampleur (l’étude a été menée simultanément auprès de 15 500 personnes dans 9 pays) sur la génération Z (dont les individus sont nés après 1998), OC & C relève que « le consommateur soucieux de la dimension sociale et privilégiant l’expérience est en passe de s’imposer ». Cette tendance est constatée dans tous les différents pays, signe d’une homogénéisation des comportements à l’œuvre pour cette première génération née avec la mondialisation et le digital.

Très à l’écoute des réseaux sociaux, des influenceurs, des marques mais aussi de leur famille et de leurs amis, la génération Z se montre très sensible à la question éthique. « Les problèmes liés au bien-être animal, à la diversité et aux droits humains sont globalement ceux auxquels la génération Z attache le plus d’importance », estiment les auteurs de l’enquête. Avec toutefois un bémol en fonction du lieu où l’on se trouve. En Chine, ces consommateurs semblent plus soucieux de la question des droits de l’homme, alors qu’aux États-Unis, c’est la question de la diversité qui a toute sa place. Ainsi, le développement durable comme critère d’achat est plus souvent pris en compte par la génération Z que par la génération X ou Y.

Cyril Bonnel



Téléchargements