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Mercredi 04 octobre 2017

Vers une Europe plus compliquée ?


Que penser du pseudo-référendum catalan ? Certains, enthousiastes, y voient l’expression du droit légitime des peuples à disposer d’eux-mêmes, et une belle manifestation de l’esprit démocratique d’une région au cœur de l’Europe.

Malheureusement, force est de constater que la consultation, bien que sans fondement légal et dépourvue des garanties d’un véritable scrutin, inquiète à plus d’un titre. L’indépendance de la Catalogne déstabiliserait profondément la fragile économie espagnole, encore convalescente, sans pour autant assurer prospérité et stabilité à l’économie locale. Elle serait en outre synonyme de sortie de l’Union européenne, donc mécaniquement de l’euro.

Les dirigeants nationalistes promettent qu’ils veulent rester dans l’UE et garder l’euro. Mais, une fois indépendant, le pays devra mener le processus d’intégration à l’Union, puis à la zone euro. L’Espagne pourrait y mettre son veto si les relations s’envenimaient sur les modalités du divorce.

Sur place, les entrepreneurs restent discrets, mais les banques s’inquiètent déjà, surtout deux des plus grandes banques espagnoles, Caixa et Sabadell, dont le siège est à Barcelone. L’économie régionale, très exportatrice, serait fortement handicapée. L’agroalimentaire, premier secteur industriel catalan en chiffre d’affaires et en emplois, est particulièrement concerné. Une très grande partie des jambons ibériques, qui rencontrent de plus en plus le succès à l’export, sont élaborés en Catalogne.

Les Catalans iront-ils jusqu’au bout d’un processus encore plus compliqué que celui du Brexit ? Les Écossais ont renoncé, mais les Anglais en ont décidé autrement. Et d’autres nationalismes et populismes sont à l’œuvre ailleurs sur le Vieux continent. Ce qui n’augure rien de bon, ni pour l’Europe, ni pour sa prospérité, ni même pour ses citoyens.

Cyril Bonnel